
Achilles (M-10) : En 1942, devant le besoin urgent pour des chars assez puissant pour faire face aux blindés allemands, les Américains mirent au point le M-10. Les Anglais, quant à eux, décidèrent d'équiper ce véhicule d'un canon encore plus puissant et remplacèrent le 3 pouces américains par un 17PDR anglais et le baptisèrent Achilles. Il y eut deux versions de ce véhicule soit le IC et le IIC. Ce fut d'ailleurs un Achilles du 75e régiment anti-tank qui opérait en Hollande près de la frontière Allemande, en octobre 1944, qui réclama l'honneur du premier blindé à ouvrir le feu sur l'Allemagne. Cette modification anglaise se fit sur la dernière version du M-10 avec des contre-poids dit "duck-bill" à l'arrière de la tourelle. Les Canadiens étaient aussi munis de ce destructeur de char et ils participèrent activement à la libération de la Hollande. C'est pour cette raison que le modèle représenté plus bas est Canadien. Tout comme les Anglais, les Canadiens utilisaient la technique de marquage tactique typique des armées du Commonweath c'est à dire le carré bleu et rouge de l'artillerie. Le carré rouge dans le coin supérieur droit indiquait Première Batterie, inférieur droit 2e batterie, et coin inférieur gauche 3e batterie. Le C2 dans le carré nous indique, Second véhicule du C Troop. Ce char porte une inscription très canadienne puisqu'il est dénommé Caribou. Le Caribou étant un animal très abondant au Canada et qui a si on peut dire du "panache" en rapport avec ses bois sur la tête. Tel que mentionné sous la rubrique M-10, ce véhicule fut sans contredit d'un apport important face aux Panther et aux Tigre allemand. Il fut introduit d'ailleurs sur le théâtre italien dès 1944 à cause du nombre croissant de Panther et de tourelles de Panther en position "bunker" rencontré tout au long de la conquête de la botte italienne. Quelques Achilles seront vendus après la guerre aux Arabes et ils équiperont l'armée arabe dans le désert du Sinaï en 1948.

Kangaroo I.S.V. : À la suite des succès impressionnants des forces alliés de débarquement, l'industrie de guerre américaine ne fut plus en mesure de fournir suffisamment de blindés pour le transport des troupes. C'est ainsi que la plupart des unités furent amenées à trouver elles-mêmes des moyens d'améliorer cette situation. Pour ce faire, les troupes de combat reconvertirent un grand nombre de leurs engins blindés de chasse "Priest" ( la photo ci-dessus ) en blindés pour le transport des troupes. Les Canadiens les baptisèrent "Kangaroo Infantery Support Véhicule". Ces véhicules transformés du Priest étaient conçus sur des châssis de m3 Lee-Grant dont le châssis fut modifié pour permettre un dessus ouvert pour le transport d'infanterie. C'est en 1944 que l'on vit les Kangaroo à la campagne d'Italie et la campagne de Normandie. Le chiffre 69 peint sur l’avant des Kangaroo sur la photo ci-haut, indique sans équivoque le 7th Argyll and Sutherland de la 154e Brigade. Les transports de troupe sont fournis par le 1st Canadian APC Regiment et la 79e Armoured Division.

M3 Stuart : Le char léger M3 Stuart a ses origines au début des années 20 où à cette époque on conçut le m2a4 son ancêtre. Il était muni d'un canon de 37mm. Ce qui était très suffisant pour ces années. Ce type d'armement devint désuet suite aux événements qui se déroulaient en Europe en 1940. On dut renforcer le blindage et de ce fait, la suspension aussi. C'est à ce moment qu'il devint le M3 Stuart. Il fut en production maximum à l'entrée en guerre des U.S.A en 1941. Les premières versions étaient rivetées et ce n'est que plus tard qu'on introduisit les tourelles et les châssis soudés. Au moment de l'arrêt de production de ce char on en avait sorti 5,811 des chaînes d'assemblage. Partout où l'armée américaine eut à combattre, on trouvait le m3. Il était apprécié par les membres de son équipage grâce à sa fiabilité et sa vitesse. Il excellait dans les opérations de reconnaissance. Ils furent utilisés par tous les alliés des américains : les Anglais, les Canadiens, les Français, et les Russes sur le front de l'Est.
M7 Priest : Originalement monté sur semi-chenillé, l'obusier de 105mm fut monté sur châssis de M3 et M4A3 désigné M7B1 pour ce dernier. Les premiers exemplaires furent distribués à l'U.S. Army et la production suivante alla pour la plupart aux autres pays alliés dont les Britanniques qui le surnommèrent Priest, la tourelle du mitrailleur leur rappelant une chaire de prédicateur. Utilisé pour la première fois lors de la bataille d'el Alamein en octobre 1942, il fit partie des campagnes suivantes dont celle d'Italie. Pour sa part, l'Armée canadienne en utilisa aussi lors du débarquement de Normandie au sein des corps d'artillerie comme le 13e régiment. Toutefois, ils furent rapidement remplacé par des Sexton et ils furent désarmés pour devenir des transporteurs de troupes appelés Kangaroo.

Sherman M4 75mm : Les canadiens eurent à utiliser le char Sherman dès leur arrivée sur les différents théâtres d'opérations. Que ce soit en Sicile ou en Italie, surtout lors des terribles combats pour Ortona, ou encore lors de leur débarquement en Normandie. Il est dit, selon certains historiens, quoique les opinions diffèrent à ce sujet, que ce serait un bataillon de cinq Shermans canadiens dont un Firefly munis du 17 pdr. qui aurait détruit le char Tigre 007 de Wittman. Ce qui est certain c'est que les régiments blindés canadiens ne manquèrent pas d'imagination dans l'utilisation de ce char le modifiant selon leurs besoins. À son bord, ils furent de la bataille de Falaise, la libération de la Belgique et de la Hollande et se rendirent en Allemagne. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle l'édifice du parlement canadien est fleuri à chaque année de milliers de tulipes venant de Hollande par gratitude pour leur libération et pour avoir donné asile à leur Reine durant la guerre. Aujourd'hui, dans les musés canadiens et devant les édifices gouvernementales, le Sherman trône fièrement. Les canadiens l'utiliseront aussi lors de la guerre de Corée.

Sherman Canadien Firefly : Le Sherman, avec son canon de 76 démontra son incapacité contre les chars allemands. Malgré sa vitesse, il était définitivement vulnérable aux 75 et 88 de ses adversaires. Il fallait absolument trouver un moyen pour égaliser les chances. Les Anglais trouvèrent une solution en montant un 17 pdr pour remplacer le canon trop faible du Sherman. Munis de cette arme, il deviendra une menace certaine pour ses adversaires car maintenant la puissance de ce canon permettait d'engager les chars ennemis d'une distance de plus de 1,000 mètres avec succès. N'ayant pas ce canon en quantité suffisante pour équiper tous les Shermans, ils furent répartis à un pour cinq véhicules. Il prit le nom de Firefly. Son long tube le faisant repérer rapidement par l'adversaire, on le camoufla parfois avec une peinture blanche qui, de profil, lui donnait la longueur d'un 76 mm. Lors des avances de ces cinq chars, l'ennemi cherchait évidemment à détruire le Firefly en premier puisqu'il avait la puissance de feu nécessaire pour les affronter. Les autres Shermans créaient diversion et le Firefly se chargeait de détruire l'ennemi. L'armée blindé canadienne reçut aussi sa part de Firefly.

Sherman Rhinoceros :
Après la période de la consolidation de la tête de pont (du 06 au 14 juin), les forces américaines pénètrent dans les terres normandes. S’en suit la bataille du Cotentin (15 au 30 juin) et la bataille des marais (1 au 15 juillet).
Pour le fantassin américain, ces deux semaines de combat dans le bocage normand sont démoralisantes. Cette bataille des haies est une guerre cloisonnée où chaque compartiment est à lui seul un champ de bataille. Les Allemands sont passés experts dans le combat défensif. Les pertes américaines sont lourdes : 4700 hommes sur 1500 pour la 83e DI US en 12 jours et 2300 en dix jours pour la 4e DI US. Le soldat US est confronté à un ennemi redoutable et à un terrain qui l’est tout autant. Un sentiment d’oppression l’envahit. Il est entouré de haies, son champ de vision ne dépasse pas une dizaine de mètres. Chaque haie, qui doit être conquise de haute lutte, recèle son lot de tireurs embusqués, de pièges anti-personnels, de tunnels. Les routes sont étroites, rarement goudronnées, se transformant en fondrières à la moindre pluie. Et il pleut en ce " satané " mois de juillet !!! Si le soleil apparaît, ces routes se transforment en champs de poussière. La poussière soulevée par les véhicules révèle le moindre déplacement à l’artillerie allemande. Quoique disposant d’un nombre de coups bien inférieur à l’artillerie alliée, elle n’en est pas moins efficace par des tirs remarquablement ajustés. Ces conditions extrêmes entraînent de nombreux cas de " combat fatigue " (épuisement, dépressions nerveuses). Mais les pertes les plus importantes proviennent des éclats d’obus dont les blessures infligées, de par leurs aspects se révèlent elles aussi extrêmement traumatisantes. Le GI ne voit plus le bout de cette aventure et lâche désabusé : " We could see the war lasting for twenty years " (" cette foutue guerre peut durer vingt ans) ". Afin de sortir de cette impasse, le commandement américain conçoit le plan " COBRA " (24 au 30 juillet). Pour lancer cette offensive, la 1re armée américaine possède un certain nombre d’avantage. Le cloisonnement du terrain enlève aux chars allemands le bénéfice de leurs portés supérieurs à celle des chars alliés. De plus, début juillet, la 79e DI a conçu un modèle de " hedgecutter " (coupe haies). Modèle qui sera amélioré par le sergent Curtis G. CULLIN Jr
Les chars contre les haies
Lors de leurs progressions, les haies ont posé un redoutable problème aux unités de chars américains. Pour escalader,une haie ou un talus, le char se dresse et présente le bas de sa caisse. Cette partie du char est le plus faiblement blindée et les redoutables " casseurs de chars " équipées de " panzerfaust " ou de " Panzerschrek " ne leurs laissent aucune chance. Pour permettre leur passage en dehors des routes étroites, les hommes du génie devaient faire exploser une portion de haies. Certains chars des " tank-dozers " étaient armés à l’avant d’une lame de bull-dozer. Quoique efficaces, de tels engins étaient peu répandus et moins maniables que les autres chars. Le bataillon du génie de la 3e DB US – le " 23rd Armoured Engineer Bn " - après les expériences de combats menées à Villiers-Frossard et aux Hauts-Vents, invente les dents fixées à l’avant des blindés ; le char " hedgecutter " ou " rhinocéros " est né. Cet accessoire était fabriqué en débitant et soudant des obstacles de plages allemands, abondant sur les côtes. C’est simple et ingénieux !!! Il permet au blindé équipé de cette modification d’ouvrir des brèches dans les haies et dans les talus du bocage normand. Le char fonçait droit sur la haie à une vitesse de 15 à 25 km/h. Il taillait une ouverture dans le talus ou dans la haie grâce à la lame qui le surmontait et emportait tout sans être obligé de s’arrêter. Au moment où " COBRA " sera lancé, trois chars sur cinq seront équipés de " hedgecutter " mais, pour la surprise tactique, le général Bradley interdira leur usage avant l’opération. Fabriqué artisanalement, ce système présente plusieurs variantes.

Staghound :
La voiture blindée T17E2 est un assemblage d’une tourelle Frazier-Nash équipée de deux mitrailleuses lourdes Cal 50, construite par Norge Division, Borge-Warner Corp et d’un châssis T17E1. La tourelle Frazier-Nash était à l'origine destinée aux Torpilleurs Britanniques. Cette tourelle ouverte sur le haut est installée sur la superstructure du châssis T17/E1. Les études de conception ont été faites par Chevrolet et la tourelle fut installée avec un nouveau blindage et un nouveau panier. Les premiers essais montrèrent le besoin d’une amélioration des capacités d’alimentation en munitions afin d’augmenter la puissance de feu. Ces modifications furent réalisées et le premier modèle de production fut achevé en septembre 1943 Le prototype fut évalué à Fort Knox, où quelques changements mineurs furent apportés. Les essais finaux ont été réalisés par le " Antiaircraft Artillry Board " à Camp Davis, Californie du Nord, en décembre 1943. Cette version avait pour mission la protection antiaérienne des bataillons de reconnaissance et des convois de ravitaillements. La commande initiale portait sur 1000 engins. Cependant, seuls 789 engins seront construits. Entre temps, la suprématie aérienne alliée ayant entraîné une baisse de la menace de la Luftwaffe, le besoin de ce type de véhicule devint caduque.
Caractéristiques
Pays d’origine : Construit aux USA pour le Royaume-Uni Date de production et mise en service : 1943
Fabriqué par : Superstructure et châssis : Chevrolet
Tourelle : Norge Division de Borge-Warner Corporation
Equipage : 3
Chef de char/canonnier
Chargeur
Conducteur
Armement : 2 mitrailleuses lourdes Browning cal 50 M2 HB (12,7 mm)
Elévation : de -10° à + 70 ° Rotation : 360 °
Munitions : 2610 cartouches de 50 cal (12,7 mm)
Motorisation : 2 moteurs GMC 270 6 Cylindres Puissance 97 cv chacun à 3000 t/mn Refroidissement liquide Carburant : essence Capacité carburant : 512 litres
Autonomie : 725 km Vitesse max sur route : 89 km/h Vitesse : 60 km/h
Dimensions
Longueur : 5,49 m Largeur : 2,69 m Hauteur : 2,36 m Poids : 14 t Blindage : 9.65-31.75 mm
Type de pneumatique : 14.00x20 Nombre de roues : 4
Equipement électrique : 24 volt Communication par intercom Pas de système de vision nocturne
Guet : 813 mm Pente max : 57% Conduite : 4x4
En service dans les armées alliés : Royaume-Uni, Australie, Canada, Inde, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Belgique.
Production : 789 véhicules ont été produits entre octobre 1943 et avril 1944 date à laquelle la production fut stoppée
Chevrolet 15 CWT 4X4 : Durant la 2e G.M., Le canada a produit au-delà de 850,000 véhicules moteurs incluant un de celui le plus utilisé : Le 4x2 Chevrolet 15 CWT. Ce véhicule était la colonne des Australiens, Anglais, et Canadiens et fournissait aussi les autres alliés incluant l'Union Soviétique, la Chine, et l'Inde. La version représentée est celle d'un véhicule canadien utilisé en Italie. Quoique la version représentée soit un Chevrolet, ils étaient produits autant par Ford que Général Motors. Le Canada devint vite le fournisseur pour ce genre de véhicule pour toutes les armées du Commonwealt dès 1941. Il y eut plusieurs versions comprenant des 8cwt, 15cwt, 30cwt. Aussi, la cabine servit pour la construction de camions plus lourds comme les 3 tonnes qui avaient un entraînement soit 4x4, 6x4 ou 6x6 pour les roues motrices.

Chevrolet 30 CWT : Le Long Range Désert Group (LRDG) reçut en mai 1942 le Chevrolet 30 CWT. Construit par Chevrolet canada, c'était une version " désert " du véhicule de production standard. Il avait des pneus conçus pour le désert et avait un châssis ouvert assez grand pour contenir tout le matériel nécessaire pour des missions de plusieurs kilomètres dans le désert. Les soldats qui l'utilisaient portaient la barbe et leurs uniformes étaient négligés ce qui leur conféraient une allure pirate. Ces camions furent testés à Petawawa Canada, une base militaire du Nord de l'Ontario. Les besoins étant urgent, on demanda à Ford et Général Motor de concevoir ce type de véhicule. Ceux représentés ci haut et le modèle sont des Chevrolet. Ces véhicules furent très utiles et surtout comblaient un besoin urgent de transport pour les alliés qui étaient dépassés par la tournure de la guerre. Ils allaient prouver hors de tout doute leurs valeurs durant les combats à grand déplacement de la guerre du désert.
Quad Gun Tractor Ford : À la demande du ministère de la guerre britannique, Guy Motor développa et délivra en avril 1938 un tracteur d'une forme très unique pour tirer les 18 et 25 Pdr. Le véhicule, qu'on appela la fourmi et qui avait l'air d'un véhicule blindé, avait une bonne clairance pour améliorer ses aptitudes tout terrain, empattement court pour augmenter son braquage, et le siège du conducteur le plus en avant possible pour augmenter la vision du conducteur. L'arrière du véhicule était coupé pour faciliter la manœuvre avec le canon accroché à l'arrière et il pouvait accommoder 6 hommes. Ces caractéristiques nécessairement résultèrent en un véhicule d'une forme unique. Ils furent produits en très grands nombres par Ford autant que GM. au Canada. Ils furent utilisés sur tous les fronts alliés.