M3 Lee MK1 : Possédant les mêmes spécifications que le Grant à de légères différences. La tourelle pour la mitrailleuse supérieure est restée sur le modèle américain. Le moteur est un continental r-975 c1 de 350 H.P. De plus la configuration de la tourelle était différente. Nommé Lee pour le général Lee de la guerre civil américaine. Toutes versions confondues, on en produisit 6,258 unités. À noter que ces chars M3 Lee-Grant avait un châssis riveté. Ce n'est qu'à l'arrivée du Sherman que nous verrons des caisses soudées. Le concept de ce char vint de la nécessité d'avoir un canon anti-char, le 37mm et aussi un obusier pour venir à bout des places fortes, le 75mm.. Sa caisse rivetée était un handicap dangereux pour l'équipage car aussitôt qu'il subissait l'impact d'un projectile, les rivets explosaient et étaient projetées dans l'habitacle tuant ou blessant les occupants. De là la modification des caisses soudées qui fit son apparition sur la nouvelle génération de blindés.

M3A1 Stuart light Tank : On peut faire remonter le développement du char léger américain aux années vingt, période où furent fabriqués plusieurs chars léger de soutient d'infanterie. Au début des années trente, ces modèles donnèrent naissance au char léger M2, appellation qui s'étendit à toute une série de véhicules. Pour l'époque, la série était dotée d'un bon armement avec son canon principal de 37mm ; mais ce type d'engin, après avoir connu son apogée avec le M2A4, tomba en désuétude et ne servit plus que pour l'entrainement. Les évènements de 1940 furent suivis de près par l'US Army qui s'aperçut qu'il lui faudrait recouvrir ses chars d'un blindage plus épais. Cela supposait une meilleure suspension, apte à porter le poids supplémentaire. L'engin ainsi amélioré reçut le nom de Light Tank M3 ; il était dans l'ensemble conçu d'après le M2A4. Si le Light Tank M3 fut produit à une grande échelle dès 1941, ce n'est que lorsque les États-Unis entrèrent en guerre que la fabrication en série du M3A1 commença vraiment. Les premières versions étaient en acier rivé, mais peu à peu on construisit la coque et la tourelle en acier corroyé, transformation suivie de maintes autres modifications de détail. Lorsque la production du M3 cessa, 5,811 exemplaires avaient été réalisés. L'armement de base du M3A1 comportait un canon de 37mm, une mitrailleuse coaxiale de 7,62 mm ainsi que quatre autres mitrailleuses, l'une fixée au sommet de la tourelle pour la défense anti-aérienne, l'autre en avant de la coque et les deux dernières montées sur l'encorbellement réservé au conducteur. Le blindage avait une épaisseur de 15 à 43 mm.
Le char léger M3 participait à toutes les opérations de l'US Army ; il s'avéra d'une totale fiabilité et donna pleine satisfaction à ses équipages. Les États-Unis cédèrent un grand nombre de ces véhicules à leurs alliés, le plus grand bénificiaire en étant le Royaume-Uni pour lequel le M3 devint le Stuart. Les soldats britanniques trouvaient au départ ce char trop grand, mais ils en vinrent vite à apprécier sa maniabilité et sa fiabilité. Ils regrettaient cependant que les deux principales versions ne fussent pas dotées du même moteur, le moteur Continental en étoile de sept cylindres à essence (Stuart I), modèle le plus courant. En effet, afin d'accélérer la production à un moment de forte demande, on lui substitua le moteur diesel Guiberson T-1020 (Stuart II).
Cette modification créa parfois des problèmes logistiques mais les Alliés apprirent à les résoudre. Les principales variantes étaient le M3A1 (Stuart III et IV mus par des moteurs diésels et à essence), armé d'un canon gyrostabilisé et d'une tourelle munie d'un pare-éclats et d'un panier, et le M3A3 (Stuart V) équipé d'un plus grand compartiment pour le conducteur et recouvert d'un blindage plus épais, mais dépourvu de canons d'encorbellement. Les Alliés mirent en service le M3 Stuart lors de la campagne d'Afrique du Nord. Quelques exemplaires de ce char furent livrés à l'Armée Rouge grâce aux contrats de prêt-bail. Le char léger M5 avait la plupart des caractéristiques des séries de M3, à l'exception de son moteur double Cadillac dont le logement, élevant le pont, rendait le véhicule bien reconnaissable. Les Britanniques appelèrent le M5 : Stuart VI, la même désignation étant utilisée pour le M5A1 pourvu d'une tourelle améliorée, bombée à l'arrière pour l'emplacement de la radio. ( comme sur le M3A3 )

M3 Maxson :
Le règne de la Flak
En mai 1940, l’aviation allemande de chasse et de bombardement domine le ciel. Il n’existe pas ou peu de moyens de défense anti-aérien pour contrer ses attaques. Son action combinée à celle des chars écrase l’armée française en moins d’un mois. L’aviation française de bombardement renforcée par celle des britanniques lancera cependant des attaques contre les ponts permettant le franchissement des coupures humides. Trop lourds, trop lents, peu manoeuvrables et obsolètes, ces avions ne franchiront pas le rideau de feu tendu par la flak légère et subiront de lourdes pertes. Pour exemple, le 10 mai, 3 Fairey Battle seront abattus lors de l’attaque du pont traversant le canal Albert à Maastricht et 2 Fairey Battle pour le pont de Vroenhoven. C’est un échec, soit 5 appareils sur les 6 engagés pour un impact de bombe sur le premier pont et des dégâts mineurs sur le deuxième. Le 14 mai, sur les trente sept appareils attaquants les moyens de franchissement allemands dans la région de Sedan, vingt huit furent détruits.
Le M3 Maxson
Pour l’état major américain, il est clair que ses forces armées devront se doter de moyens antiaériens légers et performants capables de suivre la progression des unités blindées. De nombreux tests seront réalisés sur la base de plusieurs véhicules. Ce petit char antiaérien combine un châssis de char léger M3 et une tourelle Maxson équipée de quatre mitrailleuses Cal 50 de 12,7 mm. Il semble qu’aucune nomenclature spécifique ne fut attribuée à ce char dont les essais débutèrent en 1942. Cette configuration ne donna pas satisfaction et fut abandonnée. Cependant, la puissance de feu délivrée par la tourelle Maxson suffisait à abattre tout aéronef passant à sa portée. Un autre essai fut effectué en montant ce quadruple affût sur un halftrack. Cette nouvelle combinaison donna satisfaction et fut retenue. Elle fut enregistrée sous la nomenclature US Multiple Gun Motor Carriage M-16.
M4 Tracteur rapide : Le M-4 fut créé pour rencontrer un besoin pour les armées alliées de posséder un véhicule chenillé capable de se déplacer en tout terrain pouvant remorquer rapidement les pièces d'artilleries lourdes nécessaires aux tirs de barrages. De plus, il pourra servir à récupérer les pièces d'artilleries laissées sur le terrain par l'ennemi comme nous le montre la photo ci haut, remorquant une pièce allemande. Ce véhicule fut conçu à partir du châssis du M-2 et on l'équipa d'une cabine fermée qui pouvait accommoder de 8 à 10 hommes avec le confort de la chaleur possédant une chaufferette ce qui était rare pour les véhicules de cette époque. Ces tracteurs virent le jour en 1944 et furent largement utilisés lors de la bataille des Ardennes. Ils continueront de servir après la guerre et lors de la guerre de Corée. Plusieurs unités équiperont l'armée japonaise dans l'après guerre.
M5 et M5 A1 : Ce char fut distribué aux différentes armées alliées. Il a servi sur tous les fronts. Il était assemblé sur les chaînes du M3 Stuart. Ce qui le différenciait du M3 est son châssis arrière surélevé pour permettre l'ajout des moteurs Cadillac double. Dans l'armée britannique, il était connu sous l'appellation de Stuart M6. La même désignation fut utilisée pour le M5A1 qui avait une nouvelle tourelle plus grande à l'arrière pour l'installation d'un système radio. Ce char quoi que très léger et faible en blindage, se tirait très bien d'affaire grâce à sa vitesse et sa maniabilité. Il était apprécié des soldats qui eurent à l'utiliser.

M-10 : En 1941, le M3 half-track, surmonté d'un canon de calibre 36 de 75 mm. était l'équipement principal des divisions américaines de chasseurs de chars (Tank Destroyer). Cette arme était complètement inefficace contre les chars allemands. Un nouveau chasseur de char devint nécessaire. Il fut conçu à partir du châssis du M4A2 Sherman. On le baptisa M-10 Tank Destroyer. Il fut le premier chasseur de char complètement chenillé de l'U.S. Army et il entra en service en juin 1942. Son blindage fut aminci pour lui donner plus de maniabilité. Pour compenser la perte de protection, on lui donna des formes anguleuses sur sa caisse et sa tourelle pour dévier les coups adverses. Sa tourelle rotative était ouverte sur le dessus et abritait un canon de 76.2 mm. Qui était très efficace. Le M-10 fut produit à 6,076 exemplaires entre septembre 1942 et décembre 1943. Le M-10 était regroupé en bataillon de 36 unités, accompagnés de bataillons de reconnaissance et de protection aérienne. Au début de 1945, ils furent répartis dans des formations blindées conventionnels et furent utilisés comme tel. Le concept de chasseur de char fut abandonné. Grâce à sa caisse plus basse que le Sherman et à son concept angulaire, le M-10, avec son canon de 76.2mm. donna une chance aux formations blindées alliées de s'en tirer contre les formations Panzer qui dominaient outrageusement au niveau de la puissance et de la protection de leurs blindés. Le Sherman, malgré sa vaillance ne pouvait faire face à un char Tigre, Tigre Royal ou Jagdpanther. Le M-10, lui, pouvait les affronter avec plus de chance de succès.

M-12 155mm : En 1941, la guerre faisait rage en Europe. Il était évident que les Américains devraient y participer tôt ou tard. En prévision de cet événement, l'état Major américain fit la demande pour un canon d'artillerie de 155 mm. autopropulsé. On opta pour le canon français de 1918 que l'on monta sur le châssis du char M3 Lee. Pour ce faire on dut déplacer le moteur à l'avant pour y loger la pièce d'artillerie et accommoder les 6 hommes d'équipages qui l'utiliserait. On en construisit une centaine qui seront plus tard modifiés pour être envoyer en Europe. On utilisera la suspension plus forte du M4 pour le théâtre européen. Ne pouvant transporter que 10 charges, on le fera accompagner du M-30 pour le transport des munitions et les hommes d'équipages voyageront avec le M-30 qui était le même type de véhicule sans la pièce d'artillerie. En juin 1944, ces canons seront de la bataille de Normandie et participeront à la prise de Cologne. Ce sont les M-12 du 740e bataillon de char qui stopperont Joachim Peiper à La Glaise durant la bataille des Ardennes en tirant sur ses chars une pluie de deux cents coups qui démoraliseront ses hommes et les forceront à la retraite. Plus tard on modernisera ce canon en le remplaçant par le M-40 qui aura un baril plus long et de meilleures performances.

M-18 Hellcat : Contrairement au M-10 qui fut conçu à partir du châssis d’un M4A2, le M-18 Hellcat, surnommé ² Bitch² par les soldats américains, était vraiment un destructeur de char dont le développement débuta en 1942. Les premiers exemplaires apparurent en 1943. Totalement révolutionnaire dans le monde du char américain, il fut le premier à être muni d’une suspension à barres de torsions. Grace à son moteur et sa suspension, le M-18 sera le véhicule tracté le plus rapide de la 2e guerre ce qui l’avantagera face à ses ennemis malgré son faible blindage. Très manoeuvrable et très rapide, il pouvait éviter les coups de l’adversaire. Regroupés en bataillons de destructeurs de chars, ils étaient capables de rivaliser avec la qualité des chars allemands, les surpassant dans plusieurs cas. Son long canon de 76 mm pouvait percer les blindages de chars tel le Panther ou le Tigre. Plus tard, le concept de bataillon de destructeur de char sera abandonné et nous les retrouverons dans toutes les formations blindées comme support d’artillerie. 2,507 M-18 verront le jour entre juillet 1943 et octobre 1944. Le Général Patton saura utiliser ce char dans sa marche foudroyante vers l’Allemagne. Quelques exemplaires seront utilisés comme transporteur de troupes ou d'équipements sous l’appellation M-39. Comme tous les destructeurs de chars, le M-18 avait une tourelle ouverte. Finalement, le M-18 sera un outil important pour la victoire finale en Europe.

: La puissance de perforation de l’obus du canon du " Hellcat " était de 175 mm à 900 m de distance, ce qui ne laissait aucune chance à n’importe quel char allemand. On décida cependant de l’améliorer encore en le dotant de la tourelle du chasseur de chars automoteur M.36, armée du canon de 90 mm. Cette opération fut facilitée par le fait que, dès sa conception, la caisse du Sherman avait reçu une circulaire de tourelle surdimensionnée pour la pièce de 75 mm. Ainsi les Américains n’eurent-ils pas à reconstruire tout leur engin pour passer à un canon de calibre supérieur. De fait, la circulaire de tourelle de 1,75 m se généralisa peu à peu en équipant notamment, outre le Sherman, les chars lourds M-10 et M-36 et, naturellement le M-18. Les tourelles étaient donc pratiquement interchangeables, ce qui simplifiait le problème de l’optimisation du couple caisse/armement. C’est ainsi que naquit le " Super Hellcat ", armé du canon de 90 M3, la meilleure bouche à feu de l’armée américaine de toute la guerre. Les travaux furent réalisés à Aberdeen en juin 1945. On s’aperçut que le fond du panier de la tourelle devait être surélevé de 5 cm pour s’adapter au profil plus bas du M-18, en plus de quelques modifications internes d’ordre mineur. Quant au reste, il suffisait d’abaisser de 5 cm les trappes pour permettre leur ouverture, la pièce était en position de chasse. Certes, les 1 360 kg supplémentaires de la nouvelle tourelle constituait une surcharge, et le décalage vers l’arrière du centre de gravité abaissait légèrement l’arrière de la caisse. Par suite, il fut décidé de doter le tube de 90 mm d’un frein de bouche, car le coup faisait reculer l’engin de 56 cm ! La fin de la guerre intervint avant l’homologation du " Super Hellcat " dont le programme fut abandonné.
M-24 Chaffee : Au cours de la 2E G.M., Les Etats-Unis reconnurent la nécessité de pouvoir disposer d'un char de combat léger doté d'une grande puissance de feu. En 1944, on livra ces chars aux premières unités, mais le m24 ne fut fabriqué qu'en quantité limitée. Le Chaffee ne connut toutefois son véritable baptême du feu qu'en Corée. Au cours des années 1950 et 1960, le M24 était utilisé dans la plupart des armées occidentales et l'est encore aujourd'hui dans certaines d'entre elles. Son châssis bien balancé servit à une panoplie de chars blindés toutes utilités.

M-26 Pershing : Durant la 2e guerre, les alliés ne produirent pas vraiment de chars lourds se contentant de la série M3 et M4 tel le Sherman qui pouvait être produit en quantité. À partir de 1942, avec l’arrivée du Panther et du Tigre allemand, ils durent étudier sérieusement le moyen de contrer la puissance de feu de ces chars qui pouvaient détruire facilement tous ce que les alliés pouvaient leur opposer. On commença alors le développement de chars plus fortement armés, mieux blindés et de ce fait plus lourd. Cette recherche mena au développement du M26 Général Pershing communément appelé Pershing. Ce char fut équipé d’un canon de 90mm conçu pour la défense anti-aérienne tout comme le 88mm allemand qui équipait le Tigre. Avec cette arme, il pouvait rivaliser avec n’importe lequel blindé de ce conflit. Curieusement, malgré la connaissance qu’ils avaient du Panther allemand avec sa garde de canon qui déviait les projectiles vers le chauffeur du char, ils commirent la même faute avec le même genre de garde demi-circulaire à l’avant. Avec des dimensions très proches du char Tigre, à quelques centimètres près, il personnifiera dans sa nouvelle version, son adversaire, le char Tigre dans le film "Battle of The Bulge" mettant en vedette Henry Fonda et Robert Shaw qui soit dit en passant porte le nom de Colonel Essler dans le film mais on peut penser que son personnage n’est autre que Joachim Peiper qui dirigea cette attaque. Ce ne sera pas avant janvier 1945 que le premier M26 Pershing participera au combat en cours en Allemagne et sa participation au conflit sera très limitée comme le nouveau JS-3 des Russes qui arrivait lui aussi un peu en retard. En fait, en février 1945, au début de l’invasion du territoire allemand, ils engageront le combat contre les chars Tigre et Panzer IV pour la conquête du pont Hohenzollern sur le Rhin. Ils seront cinq à marteler la rive opposée du pont Ludendorf plus tard à Remagen ce qui influencera la capture de ce pont pour permettre aux alliés de franchir le Rhin. Ironiquement, il connaîtra son baptême du feu durant la guerre de Corée où il aura à combattre les T-34/85 russes que les Chinois utilisaient. Le sort voulut que ces chars alliés durant la 2e guerre, deviennent des ennemis au conflit suivant.

M-36 Tank Destroyer : Sur la photo, plus haut, on peut voir un M-10 à gauche et unM-36 à droite. Comme on peut le constater, les deux véhicules se ressemblent beaucoup. La différence se situe dans le canon. En effet, le M-36 est équipé d'un canon plus puissant de 90 mm. Les alliés avaient besoin de ce canon pour faire face aux chars allemands qui dominaient les champs de bataille. Face au Tigre, Tigre Royal et Panther, le Sherman ou les autres chars alliés n'avaient pas l'armement pour rivaliser avec eux. C'est pour cette raison qu'on forma des bataillons de "TANK DESTROYER" équipés de canons plus puissants. Au début ce fut le M-10 avec un canon de 76.2 mm. Ce char était conçu à partir d'un châssis de Sherman. Puis, devant le blindage accru des chars allemands, on passa au canon de 90 mm. toujours monté sur un châssis de Sherman. Les premiers M-36 BIS apparurent en avril 1944. Ils furent produits à 1,400 exemplaires. Ils arrivèrent à temps pour aider à vaincre les divisions Panzer. Fait à noter, la tourelle du M-36 autant que celle du M-10 était ouverte sur le dessus.

Sherman BARV : L’assaut mené contre les obstacles du Mur de l’Atlantique allait coûter cher en hommes et en matériels. Aussi, les planificateurs d’Overlord effectuèrent de multiples essais afin d’élaborer des véhicules spécialisés pour faciliter le travail des troupes d’assaut. L’encombrement des plages par les barges échouées et la multitude d’engins détruits par les combats ou simplement tombé en panne pouvaient être un obstacle à la poursuite des opérations du Débarquement et freiner le ravitaillement des troupes nouvellement débarquées. Des engins furent conçus pour la remise à flot des barges de débarquement ainsi que pour le dégagement des épaves et le dépannage des multiples véhicules immobilisés sur les plages. Cette mission fut dévolue aux hommes des " Beach Groups " et en particulier aux personnels du REME. Un des engins retenus pour cette tache est le Sherman BARV. Les britanniques possédaient en 1942 un engin de ce type mais de puissance insuffisante. Une conversion sur Churchill fut pressentie mais le projet fut abandonné au profit du Sherman disponible en grande quantité et dont l’étanchéité complète était plus facile à effectuer. Les premiers essais avec des M4A3 furent réalisés, mais le moteur Diesel du M4A2 plus puissant à bas régime fit que ce modèle fut retenu pour la production en série. La conversion, par ajout d’une superstructure rehaussée protégeant les différentes prises d’air, en forme d’étrave de bateau, permet un BARV, entre autre, de travailler dans 2 m d’eau, de servir de bouteur pour les barges échouées, de tracteur de récupération en eau peu profonde pour les véhicules dont le moteur est noyé par l’eau de mer ou de point d’encrage pour des embarcations légères. Dans les membres d’équipage des BARV, on trouve un spécialiste plongeur. Environ 52 BARV furent construits pour le D-Day et affectés aux Beach Groups. Ces engins furent aussi utilisés lors des opérations du franchissement du Rhin. Les caractéristiques de la coque sont celle du Sherman M4A2. L’engin ne comporte aucun armement.

Sherman dozer M-1 : Les nombreuses destructions engendrées par les opérations militaires ainsi que les différents obstacles mis en place par les forces de l’Axe pour freiner la progression des unités blindées firent découvrir les besoin d’un engin capable de nettoyer les routes, combler les fossés, boucher les trous de bombes, déblayer les gravats, dégager les épaves, etc. Les armées alliées utilisèrent plusieurs types d’engin comme le Caterpillar ou le Bulldozer. Cependant, ces engins non blindé ne pouvaient être utilisé que dans des zones éloignées de la ligne de front. La mise en place d’une cabine blindée sur le bulldozer pallia ce défaut mais il manquait un engin blindé pour accompagner les forces d’assaut.
En janvier 1942, on effectua un essai de montage d’une lame dozer sur un blindé. Deux firmes proposèrent un modèle et c’est la combinaison des deux modèles proposés qui fut retenue par le Departement de la logistique sous la dénomination de Bulldozer, tank mounting M1. La lame M1 pouvait être montée sur tous les types de Sherman. L’apparition de la suspension HVSS entraîna une augmentation de la largeur de la lame et le nouveau modèle prit la dénomination M1A1. Cette nouvelle lame conserva la caractéristique d’être adaptable à tous types de Sherman. La première utilisation du Sherman-dozer se fit en ITALIE en avril 1944 lors du débarquement d’Anzio.1957 systèmes furent produits pendant la guerre.
Le système était composé de deux bras et d’une lame rectiligne. Les deux bras étaient fixés par un pivot au train de roulement et un trépied fixé au capot avant de la transmission du Sherman supportait le vérin hydraulique. Celui-ci permettait de relever légèrement d’environ 30 cm la lame lors des déplacements sur terrain nivelé. Pour des déplacements plus long, le système pouvait être démonté et seul le vérin restait en place. En 1944, de nombreux Sherman–dozer furent utilisé le jour-J et accompagnèrent les unités blindées jusqu’à la fin des hostilités en Europe et dans le Pacifique.
Largeur lame M1 : 124 pouces
Largeur lame M1A1 : 138 pouces
Il est à noter que les forces australiennes adaptèrent ce système au Grant.
N.B. Le Sherman M4A3 105 mm à suspension HVSS participa à la 2e guerre mondiale. Des photos le montrent franchissant la frontière allemande et durant les combats de mars / avril 1945. Toutefois, aucune ne montre son utilisation avec la nouvelle lame M1A1 de 138 pouces. Il semblerait que cet équipement fit son apparition sur ce char au cours de la guerre de Corée en 1950. La réplique de cette version plus bas démontre son utilisation comparé à la lame M1 de 124 pouces. Certains puristes disent que la lame du modèle Academy serait de quelques millimètres trop courtes ce qui lui donnerait une largeur réelle de 132 pouces.