
BT-5 : Quand les Russes décidèrent de moderniser leur flotte de char, ils optèrent pour le concept de l'américain J. Walter Christie qui venait de mettre au point une nouvelle suspension à roues de grands diamètres qui fut intégré pour la conception des chars de la série BT, bystrochodya tank ou char rapide. En fait le premier BT était une copie du prototype de Christie qui fut livré à l'Union Soviétique en 1930. Le développement de ce char aboutira au BT-5 et 7 dès 1935. Munis de roues de grands diamètres, ce concept lui permettait d'atteindre des vitesses élevées mais surtout lui permettait de se mouvoir même avec la perte d'une chenille. On peut reconnaître dans sa conception le futur T-34 qui aura le même système de roues et qui fera la terreur des divisions Panzer. Pour ce qui est du BT-5, étant sous armé, il fut surclassé par les Panzer II et III aussi par l'expérience des équipages allemands. Dès 1941, il sera remplacé par les T-34 et les KV-1 qui seront plus à la hauteur des Panzers, les surclassant même dans les performances.

BT-7 Mle 1937 :
CHAR RAPIDE BT-7 Mle 1937 BT " BISTROKHODNY TANK "
Le septième modèle fut le plus élaboré de la série de BT (le BT-6 resta à l’état de projet). Il sortit en 1935, doté d’un nouveau moteur M-127T , prévu à l’origine pour l’aviation et qui développait une puissance de 450 cv à 1 570 tours / mn. La direction, la transmission et la suspension se différenciaient entre autres par un nouvel embrayage et une boite de vitesses plus robuste à 3 vitesses seulement. Le BT-7 emportait davantage de carburant et ses chenilles avaient un empattement plus court. Les premières unités produites, appelées BT-7/1, conservèrent la tourelle du BT-5 ; mais peu après le début de la production en série on adopta une nouvelle tourelle en forme de tronc de cône, doté d’un double périscope. Le blindage avant passait de 13 mm à 22 mm, celui des cotés restant inchangé. Les parties blindées du châssis, auparavant rivetées ou boulonnées, furent soudées, ce qui améliorait la robustesse de la structure. Le BT-7 fut encore perfectionné, Dans la version 7-M, il est pourvu d’un nouveau moteur, un V-2 Diesel, qui offre le double avantage de consommer moins de carburant et de limiter le risque d’incendie et d’explosion, puisque le gas-oil est moins volatil que l’essence. En 1938, deux autres modifications sont apportées à l’armement, l’installation sur certains chars d’une mitrailleuse à l’arrière de la tourelle et surtout, la mise en œuvre d’un viseur stabilisé TOS, inventé par les ingénieurs Pavlov et Toumarov, qui améliore sensiblement la possibilité de tirer en roulant. Des chars de cette série furent présentés, sur route, au cours de défilés militaires en 1939. Il faut noter que les soviétiques utilisèrent rarement ce qui faisait l’originalité de leur Christie, à savoir la possibilité d’avancer aussi bien sur roues que sur chenilles. L’une des raisons fut certainement le temps nécessaire à la conversion ne compensait pas le faible avantage de vitesse que permettaient les roues. Même si cette opération demandait tout au plus une demi-heure. Les chenilles étaient placées sur les garde-boue. Les roues elle-même disposent d’un bandage plein en caoutchouc. La propulsion de l’engin se fait par les deux roues arrière et la direction par les deux roues de devant. L’autre raison était le fait que toutes les routes, surtout en temps de guerre ne permettaient pas d’atteindre les vitesses élevées dont le BT- étaient capables. Comme pour son homologue, le BT-5, des variantes de commandement (BT-7U) et de soutien rapproché, une version armée d’un canon de 76,2 mm et appelée BT-7 A dont la bouche à feu pouvait tirer un obus perforant à un vitesse initiale de 357 m/s. A droite de la pièce se trouvait une mitrailleuse sous casemate sphérique. La production du BT-7 s’est achevée fin de l’année 1939 / début de l’année 1940. Ses équipages l’appelaient BETKA (scarabé) ou Tri-Tankista, car il emportait trois hommes d’équipages. Les premières versions du BT furent engagées pendant la guerre d’Espagne, puis en Manchourie, face aux Japonais, où ils connurent certains succès. Le BT-7 n’a pas eu une carrière opérationnelle très réussie lors de la Seconde Guerre mondiale Après la campagne de Pologne, ils participèrent aux combats contre la Finlande. Utilisé en soutien d’infanterie, leur mobilité devenait inutile et un grand nombre fut détruit ou capturé par les Finlandais qui les transformèrent en obusier d’assaut de 114 mm. En juin 1941, la plus part des milliers d’exemplaires encore en service furent sacrifiés* en vain pour essayer de freiner l’offensive allemande lors de l’opération " Barbarossa ".Le char a souffert des fautes de commandement russe, plus que de défauts liés à sa conception. Son principal handicap était la faiblesse de son blindage, n’atteignant que 22 mm sur son glacis avant. En fin de carrière opérationnelle, les BT furent alors transférés dans des unités mixtes de reconnaissance avant d’être employés pour l’instruction. Ils restèrent tout de même en service jusqu’en 1943 mais, dès 1942, ils étaient remplacés au front par leurs descendants, les T-34.
* De nombreux Chars BT furent capturés intact et furent incorporés dans les unités de la Wehrmacht.
CARACTÉRISTIQUES *
Longueur : 5,69 m
Largueur : 2,44 m
Hauteur : 2,29 m
Poids : 14 tonnes
Equipage : 3 hommes |
Armement :
1 canon M 32 de 45 mm approvisionné à 188 coups
1 à 3 mitrailleuses DT de 7,62 mm approvisionnées à 2 394 coups
Selon les versions 1 mitrailleuse à l’arrière de la tourelle et parfois
une mitrailleuse sur affût antiaérien |
Blindage :
Minimum 6 mm,
Maximum 22 mm |
Moteur :
M-17T à essence, 12 cylindres refroidi par eau de 500 cv à 1650 t/mn
Ou V-2 Diesel selon les versions |
Autonomie :
500 km sur route
350 km en tout terrain |
Vitesse :
72 km/h sur route avec les roues
53 km/h en tout terrain avec les chenilles |
Franchissement :
Coupure : 1,80 m
Vertical : 0,75 m
Gué : 1,22 m |
Temps de service dans l’Armée rouge :
de 1935 à 1942 pour les modèles standard,
jusqu’en 1945 pour les modèles spéciaux
(transport de pont, engins du génie, etc.) ; |
:

: Tous les belligérants utilisèrent les châssis déclassés de leurs chars de combat pour en faire des véhicules de dépannage ou des tracteurs d’artillerie. Cette conversion simple s’obtenait par le retrait de la tourelle. Le véhicule conservait ainsi ses capacités mécaniques. Les russes en firent autant avec leurs principaux chars de combat. Les châssis du T34, du KV1 et plus tardivement celui du IS 2 subirent cette transformation. Mais la liste n’est pas exhaustive. L’habitacle de combat, débarrassé de certains équipements, pouvait recevoir un complément de matériels légers de réparation et embarquer une équipe de deux à trois mécaniciens. Dépourvu de treuil et de bêche d’ancrage, (voir bergepanther et sherman ARV II), l’emport d’un tronc d’arbre permettait, à moindre frais, d’augmenter les capacités d’encrage du char. Le tronc bloqué contre les chenilles à l’avant ou à l’arrière empêchait le char de riper sur les terrains meubles tout en permettant de sortir les véhicules embourbés de leur situation critique.
Par son blindage, ce type de véhicule permettait d’acheminer à moindre risque, une équipe de techniciens à proximité du char ou du véhicule endommagé qui pouvait encore se trouver sous le feu ennemi. Si la réparation ne pouvait se faire sur place, le char de dépannage, à l’aide de manilles et d’élingues dont il était généreusement équipé, pouvait remorquer l’engin jusqu'à un atelier régimentaire ou divisionnaire. Cette pratique permettait de récupérer de nombreux véhicules abandonnés sur le champ de bataille, de les réparer et de les renvoyer au combat afin de compléter les effectifs au plus fort des combats. Il est à noter que les forces allemandes utilisèrent des chars de dépannage d’origine soviétique sous appellation Bergepanzer T 34 (r) Kenn-Nummer 747 (r).
JSU-122 : Ce canon automoteur a été créé sur la base d'un char lourd is-2. Il a un rouf blindé de 122 mm. Il était destiné à la destruction des chars lourds et à la percée des lignes fortifiées. Numériquement, le JSU 122 était moins important que le JSU-152 mais le 122 mm. était potentiellement une arme plus puissante à cause qu'il tirait des obus à plus haute vélocité que le 152. Ce type de canons chenillés fut à l'avant garde des forces russes en 1945, lors de l'entrée des troupes soviétiques dans Berlin.

JSU-152 : Le premier transport d'artillerie lourde sur chenille des russes fut le su-152 qui apparut pour la première fois en 1943, juste à temps pour participer à la bataille de Kursk. Il était monté sur un châssis de KV-2. Quand on remplaça la série KV par la série IS ! Il devint le ISU-152. Ce canon automoteur était une évolution du char de combat JS-2 Staline et était équipé du puissant canon de 152 mm. La présence de ces pièces d'artillerie dans les unités blindées soviétiques augmentaient leur puissance de feu sans avoir besoin de canons conventionnels tractés. Si ces véhicules ISU avaient un défaut, c'était le manque d'espace pour ranger des munitions à l'intérieur. Ils devaient être approvisionnés par des transports blindés tout au long de leur avance sur les champs de bataille ce qui n'était pas toujours facile. La puissance de feu de ces engins était capitale et ils furent utilisés longtemps après la guerre. Les premières unités russes à pénétrer dans Berlin furent des unités de ISU 152 qui utilisèrent leurs Howitzer pour annihiler les points forts allemands à courtes distances et nettoyer le chemin pour atteindre le centre de la ville. Le ISU 152 était aussi un excellent tueur de chars et il était en retour très dur de le détruire à cause de son épais blindage de 75 mm. Il avait un équipage de 5 hommes à bord.( complément Jacques Lesquibille ) Ce mastodonte était équipé d’un canon M-37 ( ou ML 20) de 152 (vitesse initiale de l’obus 650 m/s ) et équipant les régiments de canons d’assaut lourds . Ces engins etaient souvent utilisé en brigade de trois unités .

JS-Stalin II : En réponse à l'accroissement incessant de la puissance de feu des blindés allemands Tigre et Panther, l'industrie de guerre soviétique a développé en 1943 le Stalin II pour pouvoir combattre les divisions Panzer. Les caractéristiques principales du Stalin II consistaient en une protection maximale liée à la forme spécifique de sa section frontale et de sa tourelle, un blindage très épais et un puissant canon de 122 mm. capable de mettre hors de combat n'importe quel char adverse. Ce canon avait été conçu pour la marine et utilisait des munitions séparées. Il ne transportait que 28 obus. À l'intérieur, l'espace pour l'équipage était très réduit, ce qui avait pour conséquence de réduire la vitesse de feu. En dépit de ces problèmes, ce char permit de réduire le fossé d'efficacité de l'armée rouge avec les forces blindées allemandes qui leur opposaient à la fin de la guerre les chars Tigre Royal, les Jagdtiger qui pouvaient rivaliser avantageusement avec eux. Lorsque l'armée soviétique atteignit Berlin, les chars JS-2 étaient au rendez-vous. Les documents d'époque nous montre le JS-2 stationné devant le Reichstag. C'est en 1944 qu'ils apparurent. Aussi bon que fut le JS-2, on l'améliora dans sa nouvelle version : Le JS-3.

JS-Stalin III : Char aux allures révolutionnaires qui surprirent le monde par ses lignes avant-gardiste. Son concept fut copié par à peu près toutes les armées du monde. Sa tourelle arrondie et trapue, son avant déflecteur en faisait un char difficile à détruire et il avait un canon assez puissant pour affronter le Tigre Royal. Il arriva par contre trop tard sur le front pour être décisif. Les historiens ne s'entendent pas à savoir si oui ou non il a participé au combat de la 2e G.M. ce que l'on sait c'est qu'il n'y avait que quelques exemplaires de produit à la fin de la guerre et qu'il causa un sérieux problème aux alliés étant le char le plus puissant durant une décade après la guerre ce qui en faisait un adversaire redoutable durant la guerre froide qui suivit. Sa première apparition connue fut à la parade de la victoire à Berlin en 1945. Ce type de char est encore en service de nos jours dans les pays sous l'influence soviétique. On peut deviner des lignes ressemblantes avec le m1 américain d'aujourd'hui.

KV-1 Modèle 1940 :
Le KV-1 fut un des chars de la deuxième guerre qui faisait la fierté des Russes. Tirant sa dénomination du maréchal soviétique Kliment Y. Voroshilov, le char lourd KV-1 a joué un rôle essentiel dans la défense du territoire russe. Dans les années trentes, l'Union Soviétique émergeait de la période d'utilisation de chars copiés sur les autres pays pour développer une génération d'engins de leur propre concept. De ces concepts, émergea le char lourd qui devra sacrifier la vitesse pour un blindage et un armement supérieur. En février 1939, l'équipe de l'ingénieur.Z. Kotin commença son travail aux usines Kirov sur un nouveau char lourd qu'ils allaient nommer "Kliment Voroshilov 1". La première production de masse de ce nouveau char sera complété en février 1940. Il fut employé conjointement au fameux char T-34/76 pendant la 2e G.M. Il disposait d'un blindage de 75 mm. à l'avant et montait un puissant canon de 76.2 mm. Sa propulsion était assurée par un moteur diesel de 12 cylindres développant 550 chevaux. En 1940, une version améliorée du KV, le KV-1B fut réalisé de façon à résister à la menace de plus en plus importante des nouvelles armes antichar allemandes. Les usines de Kirov ou les chars KV-1 étaient produits n'étaient pas équipées pour produire des blindages d'une épaisseur supérieure a 100 mm. Il fallut donc boulonner des plaques de 25 a 35 mm d'épaisseur sur la tourelle et le châssis. Le blindage additionnel fut par la suite effectué par soudure pour améliorer la productivité. La portion avant de la tourelle disposait alors d'un blindage de 120 mm les flancs de celle-ci de 110 mm et l'avant du châssis de 110 mm également. Pour sa grosseur, le KV-1B était sous armé. On pensa l'équiper d'un canon de 107 mm mais on y renonça. On allongea plutôt le canon et vers 1943 on le remplaça par un de 85 mm et il porta l'identification KV-85. Il était toujours à l'avant des assauts. Grâce à son blindage épais, il défiait les canons allemands. Les Allemands furent désagréablement surpris par ces KV-1 qui pouvaient maintenant encaisser leurs projectiles antichars. Même le fameux canon de 88mm, reconnu pour son efficacité, ne parvenait pas facilement à détruire un KV. Les Allemands le surnommait le monstre et ils étaient terrifié quand un de ces chars fonçait sur eux se moquant des projectiles de Panzer III et IV. Bien que la production du KV-1b se soit arrêtée en juillet 1941, le char resta en service tout au long du conflit et certaines de ses caractéristiques furent reprises pour la conception des chars modernes soviétiques ou d'autres nations. La production du KV atteignit 245 en 1940 et 393 en 1941. De ces chars, 508 furent livrés aux combattants russes qui livrèrent de durs combats aux Panzer allemands. Le KV sera remplacé par le Stalin II qui avait pratiquement le même châssis. C'est la rencontre de ce char et du T-34 qui força les Allemands à développer le char Tigre et le Panther qui pourront rivaliser avec les chars lourds soviétiques.
KV-1 Modele 1940 Ehkranami

: Les chars lourds KV russes portent les initiales du ministre de la défense de l'époque, Klementi Voroshilov. Au début, le KV-2 est équipé d'un canon obusier de 122mm qui sera changé en 1940 pour un de 152mm. Le 12 février 1940, ils font leur première apparition durant la guerre de Finlande. L'énorme tourelle qui surmonte ce char surprend les combattants. À cause de l'obusier qui utilise des charges séparés, c'est à dire l'obus et la poudre de propulsion, cette tourelle a dù être monté comme une plate forme au dessus du char porteur puisqu'il fallait 4 hommes minimum pour le mettre en opération avec le commandant du véhicule. De plus, il fallait de l'espace pour stocker les charges nécessaires au combat. Ce concept de char aura les mêmes faiblesses que son rival de la bataille de Koursk, le Tigre Elefant. Avec une mobilité restreinte dû à son poids et une défense rapprochée nulle, il sera une cible facile pour l'ennemi. Néanmoins, la surprise des Allemands sera de taille quand ils rencontrerons ce char car leurs canons de 37 et 50mm ne parviendront pas à transpercer son blindage. Ils en captureront quelques uns qu'ils utiliseront pour venir à bout des places fortes. Pour les Russes, la production de ce char sera arrêté en octobre 1941 pour se consacrer à la production du KV-1. Le KV-II sera remplacé éventuellement par le ISU 152 qui se révèlera plus efficace. 334 KV-II verront le jour et ironiquement, le dernier à combattre sera un KV-II capturé par les Allemands qui défendra les usines Krupp en Allemagne en avril 1945.

KV-3 et KV-220 : Le T-150 est construit sur la base de la conception des chars KV avec comme seule différence, l’épaisseur du blindage de la coque qui passe de 75 mm à 90 mm. Cette augmentation de blindage est réalisée sur l’extérieur, les dimensions internes du blindé restent inchangées. Autres modifications, le T-150 est équipé d’un nouveau train de roulement et la tourelle reçoit une nouvelle coupole de chef de char, celle-ci est équipée d’un périscope et de trois blocs de vision. L’ajout d’épaisseur de blindage entraîne une augmentation du poids du blindé qui atteint 50 tonnes, un moteur V-2 dont la puissance est poussée à 700 CV est installé. Du 15 janvier au 14 février 1941, le blindé subit des tests de roulement (un déplacement de 199 Km au total) qui révèlent un certain nombre de déficiences dans le fonctionnement de la motorisation. Il apparaît une surchauffe du lubrifiant moteur lors d’un essai sur route dure avec une température extérieure comprise entre -9° et – 12°. Pour cette raison, le blindé ne poursuit pas les tests et est renvoyé à l’usine Kirov pour une amélioration du circuit de refroidissement et la mise au point pour baisser la température du lubrifiant moteur. Le KV-220 a pour principales modifications par rapport aux autres KV, une caisse plus longue qui implique un train de roulement rallongé par l’ajout d’un galet supplémentaire. La nouvelle tourelle est équipée d’un canon de 85 mm F-30. Cet armement est adapté pour ce type de blindé et est conçu par le bureau de recherche N°92 sous la supervision de Grabin. Ce canon avait été testé avec succès sur le T-28 fin 1940. L’ensemble des modifications entraine une nouvelle augmentation du poids du blindé qui atteint les 62 tonnes. Le blindé est équipé d’un moteur V-5 de 700 CV. Les tests commencent le 30 janvier 1941 et sont immédiatement interrompus le jour suivant pour cause de panne de moteur. Le 15 mars 1941, le SNK et le TsK VKP (b) dans leur directive N° 548-232ss choisissent l’usine Kirov pour effectuer la transition dans la fabrication en série du char T-150 en juin sous la désignation de KV-3.
Les spécifications techniques sont les suivantes :
Poids au combat : 51-52 tonnes
Longueur : 6,76 m
Largeur : 3,33 m
Hauteur : 3,0 m
Epaisseur blindage : 90 mm
Armement : 1 canon de 76mm F-34, trois mitrailleuses DT, 1 mitraillette PPSH
Dotation munitions : 114 obus, 2900 cartouches pour les mitrailleuses
Vitesse maximale sur route : 35 Km/h
Vitesse maximale tout terrain : 15-20 Km/h
Devers maximum : 40 degrés
Autonomie : 250 Km ou 10 heures
Motorisation : moteur v-5 de 700 CV
La tourelle sera équipée d’une coupole de commandement
Radio : poste KRSTB avec possibilité de montage du poste 71-TK-3
Garantie de vie du blindé : 2000 Km
Par contraste avec les artilleurs, les tankistes ont du retard dans le développement d’un char lourd. Ils ont donc décidé d’utiliser le KV-220 comme référence pour accélérer le travail d’évaluation dans le nouvel assemblage et agencement du KV-3. Le 20 avril 1941, un nouveau moteur est monté sur le KV-220 dont la charge totale est monté jusqu’à 70 tonnes. C’est avec cette charge que le KV-3 est soumis à de nouveaux tests. Fin mai 1941, le blindé a franchi la distance de 1330 km. Dans le rapport d’évaluation des personnels de l’usine, il est noté que le char possède une transmission fragile, que les bras de suspension sont déformés, que les barres de torsion sont pliées et que le moteur manque de puissance pour un blindé d’un poids de 70 tonnes. Le 20 mai, le KV-220 retourne en réparation pour y installer un moteur diesel V-2SN avec un compresseur qui augmente la puissance de celui-ci à 850 CV. Le blindé est soumis à une nouvelle série de tests entre le 30 mai et le 22 juin 1941, période durant laquelle, il franchit une distance totale de 1985 km. Mais à cause de problèmes liés à la préparation de la tourelle forgée, la période de travail est étendue. L’usine a commencé la préparation pour la fabrication en série, mais le destin est intervenu. En mai 1941, le commandement de l’Armée Rouge a reçu un rapport des services d’espionnage qui stipule que l’ALLEMAGNE a terminé la mise au point de nouveaux chars lourds et que ceux-ci seront prochainement mis en dotation dans les unités blindées. Le rapport souligne particulièrement que les chars et les armes anti-chars en dotation sont trop faibles pour venir à bout du blindage de ces nouveaux blindés. Il apparut beaucoup plus tard que les services secrets russes avaient été intoxiqués par la propagande allemande et que la réalité était bien loin des faits. A cette époque, les Allemands ne s’étaient pas encore lancés dans le programme des chars lourds. L’origine des faits pourrait être la suivante, au printemps 1941, la " Panzerwaffe " complète sa dotation avec des chars français B1 de capture dont l’épaisseur du blindage atteint 80 mm. En plus, il apparaît que les B1 et les Matilda britanniques ont été détruits par les tirs de canons anti-char malgré l’épaisseur de leur blindage. Par la suite, il s’est avéré que la destruction de ces blindés n’était dû fait de canons anti-char mais de canons anti-aérien mle 18 ou mle 36 d’un calibre de 88mm. C’est cette analyse erronée des faits qui a induit les services secrets dans l’erreur. Ces informations sèment le trouble dans les plus hautes instances de l’URSS et de l’Armée Rouge qui décident de réagir. Le 7 avril 1941, le SNK et le TsK VKP (b) adopte la résolution N° 827-345ss dans laquelle sont spécifiés de nouveaux paramètres pour le char KV-3, l’exigence de la conception du KV-4 et du KV-5 super lourd. Le 9 avril, cette résolution est étendue par un ordre plus large N° 321 au Commissariat Populaire de Construction Mécanique Lourde.
"Quant au char KV-3 "1. Dans la modification de la résolution N° 548-232 ss du 15 mars 1941 du SNK et TsK VKP (b), j’ordonne :
a) le blindage avant du kv-3 doit avoir entre 115-120 mm d’épaisseur, le blindage de la tourelle doit passer à 115 mm
b) le KV-3 sera équipé du canon ZIS-6 du calibre de 107 mm à vitesse initiale de 800 mm/s.
2 .La tourelle du KV-3 doit être forgée avec des angles d’une incidence d’au moins 30° minimum au niveau du support du canon ZIS-6 de 107mm.
Le directeur de l’Usine Kirov, le camarade Zaltsman veillera que,
a) Vers le 15 avril 1941, l’usine Izhorsk et le bureau dessin préparent et livrent les plans de la tourelle modifiée du KV-3 et la caisse.
b) Vers le 25 avril, l’usine Izhorsk présentera pour approbation du NKO, une maquette de la tourelle du KV-3 ;
3. L’Usine de Kirov établira un plan de production de 500 chars KV-3 équipés du canon ZIS-6 de 107 mm pour 1941.
Le directeur de l’Usine de Kirov, le camarade Zaltsman doit garder à l’esprit que :
a) l’Usine Izhorsk a pour obligation de livrer à l’Usine Kirov, vers le 20 mai 1941 la première tourelle forgée et la coque du char KV-3 avec les ensembles mécaniques assemblés et équipée du système blindé de protection d’artillerie. Par la suite, l’Usine Izhorsk est responsable pour assurer la production et l’assemblage des tourelles et coques conformément au programme de production des chars KV-3, programme approuvé par le gouvernement.
b) Le NKV (camarade Vannikov), l’usine N°92 (camarade Yelyan), et le chef de projet de l’Usine N°92 (camarade Grabin) avec l’usine Kirov sont requis pour développer les études de montage du canon ZIS-6 107 mm dans la tourelle du KV-3 et de les présenter pour approbation vers le 30 mai 1941.
c) l’Usine N°92 est requise pour livrer à l’Usine Kirov, le système de montage du canon ZIS-6 107mm et le canon installé dans la tourelle du KV-3 et développer avec l’Usine Kirov, la protection blindée du système.
d) l’Usine N°92 du NKV est requise pour livrer à l’Usine Kirov, le canon ZIS6 107 mm selon le schéma suivant de production établi pour 1941 :
Juillet : 45 Août 80 Septembre : 110 Octobre : 110 Novembre : 110